Marche nordique : les bâtons, vraiment utiles ou simple effet de mode ?
On les voit de plus en plus au bois de Vincennes et le long du canal. Les bâtons changent vraiment la marche, à condition de s'en servir pour pousser, pas pour se tenir.
Une invention de skieurs
La marche nordique vient de Finlande. Dans les années 1970 et 1980, des skieurs de fond cherchaient à s'entraîner l'été sans neige. Ils ont gardé leurs bâtons et marché d'un pas vif sur les sentiers. Le geste s'est codifié à la fin des années 1990, puis il a gagné toute l'Europe.
En France, elle est surtout pratiquée par les plus de 50 ans, souvent en petits groupes. À Paris, les grandes allées du bois de Vincennes et du bois de Boulogne s'y prêtent très bien.
Ce que les bâtons changent
Dans une marche ordinaire, ce sont surtout les jambes qui travaillent. Avec des bâtons bien utilisés, les bras, les épaules et le haut du dos entrent dans le mouvement. On pousse le sol vers l'arrière à chaque pas, comme un skieur de fond.
Résultat, pour une même vitesse, l'effort est un peu plus élevé et mieux réparti dans le corps. Beaucoup de pratiquants disent aussi qu'ils se sentent plus stables, surtout sur un chemin un peu irrégulier.
Attention à une confusion fréquente : les bâtons de randonnée, qu'on plante devant soi pour s'appuyer en descente, ne sont pas faits pour ça. En marche nordique, le bâton se pose en arrière du pied avant, en biais, et sert à se propulser.
Le geste, en quatre temps
- Les bras se balancent naturellement, comme dans une marche normale, mais un peu plus amples.
- Le bâton se pose au sol à peu près au niveau du talon opposé, la pointe vers l'arrière.
- On pousse sur le bâton en ouvrant la main en fin de mouvement : la dragonne retient le bâton.
- La foulée s'allonge d'elle-même. Le pas reste déroulé, du talon vers la pointe du pied.
Les premières sorties, le geste paraît bizarre. Il faut en général trois ou quatre séances pour que la coordination bras-jambes devienne naturelle. Un cours d'initiation aide beaucoup.
Choisir ses bâtons
On en trouve en magasin de sport à partir d'une trentaine d'euros. Deux points comptent vraiment :
- la longueur : en tenant le bâton pointe au sol, le coude doit former un angle droit. Une formule courante est la taille multipliée par 0,68 ;
- la dragonne : un vrai gantelet qui enveloppe la main, pas une simple boucle. C'est lui qui permet de lâcher le bâton en fin de poussée.
Les embouts en caoutchouc, appelés « patins », sont indispensables sur le bitume parisien. Les pointes métalliques sont pour la terre et l'herbe.
Pour qui ?
Pour quelqu'un qui marche déjà régulièrement et veut aller un peu plus loin, c'est une très bonne étape. Pour quelqu'un qui reprend tout juste, mieux vaut d'abord retrouver une marche simple, sans matériel, pendant quelques semaines.
La Ville de Paris et de nombreux clubs proposent des séances d'initiation encadrées, souvent dans les bois. Le site Paris.fr et la mairie d'arrondissement donnent la liste à jour.
Pour la suite de la ligne Marcher : monter les escaliers de Montmartre.