La Coulée verte, de Bastille au bois de Vincennes : la promenade idéale pour marcher sans voitures
Près de cinq kilomètres sur une ancienne voie ferrée, sans un feu rouge ni une voiture. Pour reprendre la marche à Paris, difficile de trouver mieux.
Une voie ferrée devenue jardin
Jusqu'en 1969, des trains partaient de la gare de la Bastille vers Vincennes et la banlieue est. La ligne fermée, la Ville a mis une vingtaine d'années à décider quoi en faire. Le résultat, ouvert par tronçons à partir de 1993, s'appelle aujourd'hui la Coulée verte René-Dumont.
Sur la première partie, on marche en hauteur, au-dessus de l'avenue Daumesnil, à la hauteur des premiers étages. Sous les pieds, les anciennes arches du viaduc abritent des ateliers d'artisans. Plus loin, la promenade redescend au niveau de la rue, traverse le jardin de Reuilly, passe dans des tranchées et des tunnels plantés, et rejoint le bois de Vincennes près de la porte de Montempoivre.
Pourquoi elle convient si bien pour reprendre
Trois raisons, très concrètes.
La première, c'est l'absence de circulation. On ne s'arrête pas tous les cent mètres à un passage piéton, on garde son rythme, et l'esprit se détend.
La deuxième, c'est le découpage. Il y a des accès réguliers, par escaliers et par ascenseurs sur la partie haute. On peut faire un kilomètre aujourd'hui, deux la semaine prochaine, et ressortir quand on veut pour prendre le métro ou le bus.
La troisième, ce sont les bancs. Ils sont nombreux, souvent à l'ombre d'une treille ou d'un tilleul. Pour quelqu'un qui reprend après une longue pause, savoir qu'on peut s'asseoir à tout moment change tout.
Le parcours en trois étapes
De la Bastille au jardin de Reuilly. C'est la partie suspendue, la plus connue, environ 1,5 kilomètre. On y monte par l'escalier de l'avenue Daumesnil, près de l'Opéra Bastille. Le sol est plat, les allées étroites par endroits : les jours de beau temps, mieux vaut y aller le matin.
Du jardin de Reuilly à la place du Colonel-Bourgoin. Le jardin de Reuilly a une grande pelouse en pente et une passerelle. Ensuite, la promenade s'élargit et devient plus calme.
Jusqu'au bois de Vincennes. La dernière partie est la plus sauvage : tunnels, talus plantés, bambous. Elle débouche près du boulevard périphérique, à deux pas du bois. Pour les marcheurs en forme, le tour du lac Daumesnil prolonge la balade.
Quelques conseils pratiques
Des chaussures souples à semelle épaisse suffisent : le sol est en grande partie stabilisé. Une petite bouteille d'eau, surtout l'été, car les fontaines ne sont pas partout. Et un trajet retour prévu à l'avance : les lignes 1, 6 et 8 du métro ne sont jamais très loin.
Ceux qui aiment les repères chiffrés peuvent noter leur temps sur un tronçon et le refaire un mois plus tard. Mais la Coulée verte se prête surtout à la marche sans montre, en regardant les façades.
L'histoire complète de la promenade est racontée sur sa page Wikipédia. Et pour savoir combien de pas viser, voir notre article sur les dix mille pas.