Le tai-chi au square : lent, mais pas facile
On croise souvent, tôt le matin dans les parcs parisiens, de petits groupes qui bougent au ralenti. Le tai-chi a l'air simple. Il demande en réalité beaucoup de concentration, et c'est tout son intérêt.
Un art martial au ralenti
Le tai-chi chuan vient de Chine, où il est pratiqué depuis plusieurs siècles. C'est à l'origine un art martial, mais la forme qui s'est répandue en Occident est surtout une gymnastique douce : un enchaînement de mouvements lents, continus, sans à-coups, coordonnés avec la respiration.
On reste debout tout le temps. Le poids passe d'une jambe à l'autre, les bras dessinent de grands cercles, les genoux restent légèrement fléchis. Un enchaînement court peut durer cinq minutes, un long plus de vingt.
Pourquoi il intéresse tant les chercheurs
Le tai-chi fait partie des activités les plus étudiées chez les personnes âgées, notamment pour l'équilibre. Plusieurs synthèses d'études ont montré qu'une pratique régulière était associée à un meilleur équilibre et à moins de chutes chez les plus de 60 ans.
L'explication est assez intuitive. Chaque mouvement oblige à transférer son poids lentement, à tenir sur une jambe une fraction de seconde de plus que d'habitude, à sentir où sont ses pieds. C'est un entraînement de l'équilibre déguisé en chorégraphie.
À quoi ressemble un premier cours
Le professeur commence en général par un échauffement : rotations des poignets, des épaules, du bassin, quelques respirations. Puis il montre les premiers mouvements d'un enchaînement, très lentement, et le groupe imite.
Les débutants se sentent souvent maladroits : on oublie les mains en pensant aux pieds, on perd l'équilibre en tournant. C'est normal. On ne cherche pas à mémoriser tout l'enchaînement d'un coup : quelques mouvements par séance suffisent.
Au bout de quelques semaines, quelque chose change. Les gestes s'enchaînent sans y penser, et l'esprit se pose. Beaucoup de pratiquants disent que c'est ce moment de calme qui les fait revenir.
La tenue et le lieu
Des vêtements amples et des chaussures plates et souples. Pas de baskets à grosse semelle : il faut sentir le sol.
À Paris, on pratique en salle l'hiver et souvent en plein air dès les beaux jours. Les parcs les plus fréquentés pour ça sont les grands espaces plats et ombragés : le bois de Vincennes, le parc de Belleville, le Jardin des Plantes, les jardins du Luxembourg. Mais n'importe quel square tranquille fait l'affaire pour pratiquer seul.
Trouver un cours
De nombreuses associations proposent des cours d'initiation, et la Ville de Paris en organise dans le cadre de ses activités pour les seniors. Les mairies d'arrondissement tiennent la liste des associations de leur quartier. Un cours d'essai permet de voir si le professeur et le style conviennent : il existe plusieurs écoles, plus ou moins lentes.
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